jeudi 16 mai 2013

Ah, le français !!

Bonjour à tous,
 
     Aujourd'hui, j'ai décidé de pousser un petit coup de gueule, d'exprimer ma voix ou encore de parler de la langue française, celle de Molière ... celle de Shakespeare ! ... et là, je peux entendre le bruit de l'aiguille du 33 tour qui raye magistralement la surface ... ouch !!! de quel côté de La Manche sommes-nous ?! En fait, je dirais plutôt : de quel côté de l'Atlantique nous plaçons-nous ?! Et là ... ah, la donne est tout à coup différente parce que beaucoup auront compris que je fais allusion au seul - et probablement dernier - bastion français en Amérique du Nord : le Québec mais mon coup de gueule ne s'adressera qu'à sa portion montréalaise.
 
     Terre magnifique et sauvage ... enfin pas tant que ça. Oubliez le côté « vivre-dans-une-cabane-au-fond-de-la-forêt » avec pour seuls voisins les orignaux, wapitis, ours et écureuils ! Ce cliché qui a la vie dure est mort depuis une éternité, la modernité est montée à bord il y a bien longtemps maintenant.
Pourtant la langue française est parlée quel que peu différemment dans cette province. Très léger et fleuri, il fait bon entendre parler le québécois. Une langue qui a gardé pas mal du vieux français, donc ... ça peut parfois faire rire (merci pour ces expressions à tomber par terre tellement elles sont marrantes), rafraichir mais par contre, une fois qu'on est à Montréal (et la ceinture qui l'entoure), ça peut laisser perplexe - sans voix - jusqu'à vous dresser les cheveux sur la tête.
 
     Je sais que j'entre, à présent, dans une zone dangereuse mais c'est nécessaire de dire les choses qui dérangent pour espérer voir un jour une amélioration. Comprenez-moi bien, si ce qui suit peut être perçu comme une critique, c'est constructif ... et vrai dans le sens que ça mérite réflexion.
 
     Comme je l'ai assez brièvement dit plus haut, le québécois utilise encore pas mal du vieux français, des mots ou expressions qui sont devenus étrangers sur l'hexagone. La province se targue de vouloir être et rester à tout prix LA place où le vrai français persiste et résiste face à l'anglais (n'oublions pas qu'on parle aussi anglais au Québec - d'accord, essentiellement à Montréal - et que la province fait partie d'un pays anglophone, faisant du coin de l'œil avec sa voisine du Sud, les États-Unis).
Pourquoi est-ce que j'explique tout ça ? On dirait que je me perds en chemin mais il n'en est rien.
 
     Un montréalais qui parle français, donc un francophone, peut avoir cette habitude de caser des mots anglais dans la conversation. Attention, il ne s'agit pas de mots exclusivement anglais ne laissant pas d'autres choix que de les prononcer ainsi, non non non ! Ces mots ont leur parfait équivalent en français.
 
Exemples :
 
- J'ai  « quité » de ma  « job » pour rester à la maison.
Il m'a fallu un bon moment pour comprendre qu'il s'agissait de démissionner (to quit en anglais) et évidemment « a job » est un travail.
 
- J'ai besoin d'un massage pour « relaxation » mais aussi épaules et « lower back ».
Ici, « relaxation » est à prononcer en anglais (même mot, c'est pire!) et la région géographique de l'anatomie humaine représente le bas du dos ou région lombaire.
 
- Vous « blendez » bien le teint pour un effet plus « nude ».
On veut que vous mélangiez - estompiez de façon à obtenir un effet plus naturel.
 
     Je sais, je vois bien qu'il y en a qui sautent de leur chaise en criant à « la maudite française », calmons-nous un instant et analysons toute la situation.
 
     Pourquoi faire une critique ? Autant, je me suis habituée moi-même à placer des mots anglais à la place de leur équivalent français - c'est des fois bien arrangeant parce que plus court ou, soyons honnête, ça fait moins français de France donc permet de se mélanger un peu mieux aux locaux ... même s'ils parviennent quand même à savoir que vous n'êtes pas originaire du coin. Ce qui me dérange excessivement par contre, c'est de constater à quel point certains peuvent être hypocrites quant à l'utilisation de la langue de Molière (et c'est pour ça que j'ai fait référence au début à Shakespeare).
     Les montréalais disent qu'ils parlent le vrai français (contrairement à la France qui a accepté de mélanger avec d'autres langues ... ça s'appelle l'évolution naturelle d'une langue mes amis, ça se fait tout seul depuis des siècles !) mais ils ne semblent pas avoir de problème quand ils remplacent des mots par leur synonyme anglais (je ne sais pas trop ce qu'ils font quand ils écrivent en français, je crois en fait que le problème est plus présent à l'oral qu'à l'écrit.). Certains iront même jusqu'à ce fâcher de cette accusation !
     Quand en français, ça peut prendre toute une phrase alors qu'en anglais ça prend juste un mot, je suis tout à fait d'accord pour faire se changement. La meilleure illustration reste - selon moi - un Holding ( voir définition en français : Holding). Je sais aussi que si le mot « parking » est prononcé, les francophones vont sauter au plafond ... c'est « stationnement » qu'il faut dire ! (je vous passe le gros mot québécois qui suivra cette réaction!).  Même si l'Académie Française recommande le mot « parc de stationnement », aussi loin que je peux m'en souvenir, je n'ai jamais entendu autre chose que le mot parking en France ... et non, ma mémoire ne remonte au milieu du XVème siècle.
 
     Sans oublier le fait que les francophones de Montréal sont capables de dénaturer, en effectuant la traduction de films étrangers, l'essence même de personnages pour la simple raison qu'il ne parleront pas complètement français. J'ai toujours en tête le personnage complètement fictif de Jar Jar Binks (Star Wars I), cet autochtone qui s'exprime dans un patois de chez lui sur Naboo (non, je ne vais pas commencer à expliquer le film ! d'ailleurs, qui ne le connait pas ?!). Quand vous regardez la film en France (ou que vous achetez dans l'Hexagone le DVD-Blu-ray) son langage est coloré, mélangeant le français, l'anglais et l'italien (je crois bien), donnant un tout très amusant. La version traduite au Québec, nous présente un Jar Jar Binks qui parle tout bonnement français. Oubliez l'originalité du personnage. Quel gâchis !
 
     Pourquoi cela me choc tant, pourquoi en faire tout un plat alors qu'en France on a adopté d'autres mots ? ... il y a eu une évolution de la langue ! Je n'ai rien contre l'évolution, je réclame même depuis des années la fameuse réforme de l'orthographe et de la conjugaison qui permettra d'avoir enfin une langue moins difficile, plus logique. Par contre, j'ai du mal avec le fait de prétendre parler une langue et y balancer sporadiquement des mots d'une autre tout en rejetant l'évolution du revers de la main. C'est ce que j'appelle de l'hypocrisie. Je sais que le français de France peut avoir tendance à monter sur ses grands chevaux et à vouloir s'imposer comme meilleurs que tous les autres ... je ne dirais pas le contraire, mais il ne s'agit pas de ça ici. 
     Est-ce que les montréalais ont décidé de prendre exemple sur les parisiens qui veulent se la jouer et oublient consciemment le vrai mot français pour montrer à quel point ils sont différents du reste de la France, à quel point ils ont l'habitude de parler anglais (enfin faut voir encore lequel!) et du coup ils ne sont plus capable de se souvenir de leur français ... ?!?! Non, j'essaie de comprendre la raison derrière cet agissement puisqu'il y a une raison à toute chose. Franchement, je ne sais pas !
     Ça n'existe pas d'oublier sa langue maternelle même quand on s'exprime dans une langue étrangère ou qu'on baigne à longueur de journée dans une langue étrangère.
À chaque fois que je constate ce genre de comportement, ça me rappelle Jean-Claude Van Damme (oui, je sais, il est Belge!) qui n'était pas capable de donner une interview à l'époque (je ne sais pas ce qu'il en est aujourd'hui?) sans, toutes les deux minutes, faire celui qui ne se souvenait plus du mot français et devait donc le dire en anglais !!! Vraiment ?!? ... non mais vraiment ??!! vous avez besoin de tant d'attention que ça ?!
 
     Que les francophones de Montréal veulent conserver leur langue d'origine pour ne pas la voir disparaitre en Amérique du Nord (parce qu'on parle quand même pas mal anglais aussi dans la capitale), je peux comprendre, c'est honorable. Je les imagine bien représentant ce petit village gaulois entouré par les romains ... oui, je sais, j'ai beaucoup trop lu Astérix !! mais c'est pas si différent que ça, il n'y a juste pas d'échange de baffes !! Revenons à nos moutons.
Soit on parle un français qui a évolué (c'est de toute façon inévitable avec le temps!), soit on parle le vieux français soit on passe en mode anglais mais ce qui est fait par certains est ridicule à souhait (ou en bon québécois, c'est niaiseux !) !
 
     S'il vous plaît, réfléchissez à ce que vous faites ! Vous dites blanc mais vous faites noir... faites ce que je dis et ne faites pas ce que je fais ! Je croyais que vous étiez fier de parler français, alors agissez comme tel bon sang ! Le reste de la province tourne au francophone, il n'y a que ce coin de territoire qui se démarque ... mais pourquoi donc ?! Merci.
 
(P.S : si à la fin de ce message, je n'ai pas été lynché et
qu'il me reste encore des amis ... c'est qu'il y a de l'espoir dans l'humanité
qui est capable de prendre les critiques constructives.)

2 commentaires:

  1. Félicitations pour ton bel article !
    J'adore ton site :))))
    Cécile

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